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Statut fiscal du loueur : LMNP et LMP

Les statuts de loueurs de meublés :

Les loueurs en meublés particuliers, qu’il s’agisse de location meublée classique ou de location de vacances se voient affectés de deux statuts juridiques et fiscal possibles en fonction du montant des recettes locatives et de l’importance de ce montant au regard du reste des revenus du foyer fiscal.

Ces deux statuts imposent une déclaration des revenus locatifs au titre des BIC (ou micro-BIC), au contraire de la location non meublée (nue) qui implique une déclaration au chapitre des revenus fonciers.

Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP)

Un propriétaire est considéré comme loueur non professionnel si au moins l’une des conditions suivantes est remplie :

  • Revenu locatif inférieur ou égal à 23.000 euros
    Les recettes annuelles tirées de (pour l’ensemble du foyer fiscal) sont inférieures à 23 000 €

  • OU Revenu locatif minoritaire dans les revenus du foyer fiscal
    Les recettes sont inférieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC …).

Ce statut est automatiquement défini par ces éléments de revenu. Il n’est pas possible d’opter pour un statut de LMP.

Loueur en Meublé Professionnel (LMP)

Le loueur de meublé est professionnel lorsqu’il ne remplit pas les conditions pour être loueur en meublé non professionnel.

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F32805

En conséquence, il a le statut de loueur en meublé professionnel lorsqu’il remplit les deux conditions suivantes :

  • Revenu locatif supérieur à 23.000 euros
    Les recettes annuelles tirées de l’activité locative (pour l’ensemble du foyer fiscal) sont supérieures à 23 000 €

  • ET revenu locatif majoritaire dans les revenus du foyer fiscal
    Les recettes sont supérieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC …).

Obligations administratives

Les statuts de LMNP et de LMP doivent faire l’objet d’une déclaration d’activité avec une procédure différente.

LMNP : inscription au greffe du TC

L’activité de location meublée non professionnelle nécessite une inscription auprès du greffe du Tribunal de commerce dont dépend la location de vacances.Elle peut aussi être faite sur le site de Infogreffe.fr.

L’inscription doit être faite les premiers 15 jours du début de la location de l’hébergement au moyen du formulaire P0i (numéro Cerfa 11921).

Cette démarche permet d’obtenir un numéro SIRET et d’indiquer le régime d’imposition choisi (Micro-BIC ou réel).

LMP : déclaration auprès de l’URSAFF

La déclaration d’activité se fait auprès du CFE (centre de formalités des entreprises) de l’URSAFF dans la plupart des cas. Si l’activité est commerciale (parahotelière, avec des services de petit déjeuner, ménage journalier, etc. ) c’est le CFE de la Chambre de Commerce et de l’Industrie qui doit prendre en charge l’inscription.

Inscription au registre du Commerce et des Sociétés n’est plus obligatoire

Le Conseil Constitutionnel a rendu une décision importante le 8 février 2018 impliquant qu’il n’est plus nécessaire d’être inscrit au RCS pour bénéficier du statut de loueur en meublé professionnel (LMP). Le Projet de loi de finances pour 2020 supprime cette condition de l’article 155 du Code général des impôts.

En cas de locations multiples qui dépendent de CFE différents

Dans ce cas, l’inscription doit être faire dans le CFE dont dépend la location de vacances qui génère le plus de revenus.

Les CFE

Les CFE sont les organismes chargés de gérer l’enregistrement, la modification ou la cessation des activités économiques. Ils dépendent (hélas) d’entités différentes en fonction de la nature de l’activité, rendant la situation complexe pour le créateur d’entreprise : Chambre de commerce pour les activités commerciales, Ursaff, Caisse générale de sécurité Socile, Chambre des métiers pour les artisans, Chambre d’agriculture, etc.

Il ne faut pas confondre cet acronyme avec celui de la Cotisation Foncière des Entreprises, impôt foncier.

Les implications fiscales

Le traitement fiscal des revenus et des plus-values dégagées par l’activité de location de vacances est très différent selon que le loueur particulier a un statut LMP ou LMNP.

LMP : imputation possible des déficits

Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) permet d’imputer les déficits de l’activité locative sur les revenus globaux soumis à l’impôt sur le revenu pendant 6 ans. Attention, cela ne concerne pas les amortissements, qui restent seulement déductibles des revenus de la même catégorie (BIC).

Le statut non professionnel (LMNP) ne permet d’imputer les déficits de l’activité locative que sur les revenus de même nature (BIC).

LMP : application des cotisations sociales sur le revenu locatif

La soumission du bénéfice locatif aux charges sociale est une mesure récente qui a considérablement réduit l’intérêt du statut de loueur en meublé professionnel. Les cotisations sociales peuvent osciller entre 35 % et 40 % des bénéfices réalisés. Un forfait minimal de 1145 euros (2021) est dû en cas en cas de déficit.

Note

Les charges sociales sont déductibles de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) si le loueur dépend pour le régime réel (voir BIC et micro-BIC).

LMP : exonération possible de l’IFI

Les LMP sont exonérés de l’IFI (Impôt sur la Fortune immobilière) sous certaines conditions.

CSG/CRDS

Les LMP (professionnels) sont soumis à des prélèvements sociaux sur les revenus d’activité (9,7%), tandis que les LMNP (non professionnels) sont soumis aux prélèvements sociaux sur les revenus du capital (17,2%).

Plus-values de cession

La différence entre LMP et LMNP concerne aussi le traitement fiscal des plus-values de cession du bien.

LMNP (non professionnels)

La plus-value des biens locatifs appartenant à des LMNP est soumise à la fiscalité des particuliers. Le bien n’étant pas amorti comme en LMP :

Calcul de la plus-value immobilière = prix de cession – prix d’acquisition – abattements divers

Prélèvements sociaux : 17,2%

  • Calcul de la plus-value immobilière : Prix de cession – prix d’acquisition – abattements pour durée de conservation

  • Taux d’imposition : 19%

  • Prélèvements sociaux : 17,2%

LMP (Loueur professionnel)

Contrairement au LMNP soumis à une fidcalité personnelle sur les plus-value, le Loueur en Meublé Professionnel (LMP) régime des plus values professionnelles.

1. Réintègration des amortissements

Le Loueur en meublé professionnel peut déduire les amortissements de son revenu fiscal. En revanche, ces derniers doivent être réintégrés dans le calcul de la plus-value.

Plus-value = Prix de cession – prix d’achat + Amortissements

Par exemple, si un bien est acheté 500.000 €, revendu 600.000 € et ayant fait l’objet d’un amortissement de 80.000 €, la plus value sera de 600.000 € -500.000 € +80.00 € = 180.000 €


2. Scission de la plus value de long terme et de court terme

En vertu de de ce qui précède, la plus-value peut être divisée en deux composantes : la plus-value de long terme et les amortissements (ou plus-value de court terme), qui ont des règles d’imposition différentes :

  • La plus-value de long-terme

    C’est la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition.

    La plus value à long terme est imposée au taux de 30 % (12,8 % d’IR et 17,2 % de Prélèvements Sociaux) dans le cadre du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou « Flat tax »). Les cotisations sociales ne sont pas applicables.

  • La plus-value de court-terme

    Ce sont les amortissements.

    La plus-value de court terme est imposée à l’Impôt sur le Revenu (IRPP), dans la tranche marginale d’imposition et soumise aux cotisations sociales des indépendants.

Dans l’exemple ci-dessus, la plus-value de long terme est de : 600.000 € -500.000 € = 100.000 €,

la plus-value de court terme (amortissements) est de : 80.000 €